[SEMINAIRE] Mutation des territoires et transition politique en Tunisie

L’Association Tunisienne des Urbanistes est heureuse de vous inviter le 25 mai 2017 au séminaire qui clôture l’exposition de notre cher membre Jallal Abdelkafi « Paysage urbains de Tunisie » et qui portera sur le thème « Mutations des territoires et transition politique en Tunisie ».

Argumentaire et programme.

L’urbanisme à l’heure de la communalisation intégrale et de la décentralisation

Les villes tunisiennes subissent aujourd’hui les effets conjugués de mutations diverses touchant tant leur organisation spatiale que leurs modes de planification et de gouvernance. Tunis, et à un degré moindre, Sousse et Sfax, connaissent des processus de métropolisation et de périurbanisation qui ont démantelé les limites conventionnelles de l’urbanisation et ont définitivement inscrit les villes dans des territoires régionaux de fonctionnement. Si ces phénomènes gagnent plutôt les grandes agglomérations, c’est dans l’ensemble des villes tunisiennes que l’urbanisation informelle prend des proportions de plus en plus conséquentes et adopte des formes inédites qui ne touchent plus uniquement les couches les plus défavorisées. Sur un autre plan, force est de constater que l’expansion rapide de l’urbanisation a mis au second plan les efforts de préservation des tissus existants et notamment les centres historiques qui ont du mal à résister aux mécanismes de réaffectation fonctionnelle et à la dégradation qui en résulte, alors que les infrastructures et les équipements peinent à suivre.

Ces processus, bien qu’ancrés depuis quelques décennies, connaissent des évolutions particulières depuis la transformation sociopolitique de 2011. Si d’un côté, la faiblesse du contrôle public de l’urbanisation et l’absence de politiques urbaines ont donné libre cours à une vague de constructions informelles et de privatisation des espaces publics qui ont défiguré – davantage – nos villes, la transition post révolutionnaire a fait émerger et mis au premier plan des principes forts peu présents jusque-là sur la scène politique et urbaine. Ainsi la décentralisation, l’équité territoriale et la participation citoyenne aux affaires locales sont montées sur le devant de la scène de la réforme administrative et territoriale incarnée d’un côté par un changement profond du référentiel constitutionnel et d’un autre côté par de nouvelles pratiques en faveur de plus de libre administration des communes et de participation des habitants à la définition des projets locaux. Les limites territoriales des institutions locales sont-elles également en train d’évoluer, faisant (re)émerger la problématique du rapport urbain/rural dans le fonctionnement des territoires et les rapports de « pouvoir ». Les modes de gouvernance des communes et des régions et d’organisation de leurs territoires se poseront sous d’autres termes avec la réforme initiée des textes fondamentaux de l’urbanisme – le code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme – et de la gestion locale – le code des collectivités.

Face à ces processus, l’exercice professionnel de l’urbanisme est appelé à adapter ses démarches et également réinventer ses outils. Dans des territoires qui ne cessent de se transformer un environnement sociopolitique en mutation profonde et des conditions économiques délicates, réfléchir et agir sur la ville aujourd’hui revêt un caractère bien particulier. La formulation de politiques, l’élaboration des plans et la fabrication des projets se posent différemment sous ces nouveaux contextes.

 

 

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